14/04/2024
Trouvez-vous vos sujets de peinture facilement? Comment trouvez-vous l'inspiration? De quelle manière les transposez-vous sur le papier ou la toile? Je vais partager avec vous mon cheminement personnel vers ce qui vient sur la toile.
Il était une fois une envie folle de peindre. Connaissez-vous cette sensation? Comme une boule dans le ventre qui gonfle, qui déchire les entrailles et vous avez le besoin viscéral de le faire sortir? J'appelle cela "un accouchement artistique". Cette boule remplie de pensées, ou plutôt d'émotions, doit impérativement être expulsée dehors. Soit en peinture, ou pour d'autres, par l'écriture, musique, danse ou autre moyen d'art. Pour moi, c'est la peinture.
Alors cette boule grandit, me remplit, me démange les mains, les doigts ressentent la nécessité de tenir un pinceau et toucher la rugosité de la toile. Le sujet est juste là, au bout des doigts, au bord du coeur. Prêt à éclore. On ressent une émotion, on voit déjà les couleurs qu'on va choisir pour transmuter cette émotion. Devant les yeux défile la future palette de couleurs choisies. Il y a même les contours de futures formes qui se pré-dessinent. Personnellement, je sais dans quelle direction ma toile ira. Mais le sujet n'est pas encore précis...
Et alors, une rencontre vient. Une rencontre entre le ressenti intérieur, cette pré-destination finale, et entre LE sujet. Le sujet apparait à ce moment comme une évidence. C'est cela! A ce moment précis, c'est cela!
Peu importe le sujet d'ailleurs.
Cela peut être un paysage qui défile devant mes yeux et qui correspond pile poil au ressenti intérieur grandissant.
Cela peut être un personnage. Une personne vue dans la rue ou une photo trouvée sur les réseaux. Parfois des vrais modèles. Ces personnages n'apparaîtront jamais comme ils se sont présentés, mais retravaillés à ma manière. Ce qui va m'inspirer, c'est la posture, le geste, le mouvement, l'ambiance. L'attitude. Le regard. La pensée intérieure de ce personnage. Cette pensée qui va correspondre à la mienne.
Alors, le sujet est aussitôt couché su la toile. Souvent, c'est travaillé dans un élan extraordinaire. "Alla prima" (tout d'un seul bloc, sans superposition de couches). Souvent, sans dessin préalable. Souvent en 2-3 heures. C'est normal. Car le travail préalable de recherche, de "grossesse" a déjà été effectué. C'est juste le moment de la fusion qui se pose sur la toile.
S'il n'y a pas ce moment de fusion, la toile peut rester non terminée. En attendant la 2ème vague de l'émotion similaire.
Parfois, le sujet concret ne vient pas. Alors, sous l'impulsion de l'émotion débordante, c'est une toile abstraite qui nait. Juste le mélange des formes et des couleurs. Juste une métaphore de l'émotion. Comme un conte...